Pour les scientifiques
La lettre
"Je soutiens MAPS car nous devons tout mettre en oeuvre pour préserver les magnifiques habitats naturels de notre planète avant qu'il ne soit trop tard.”
Joachim Frank, Prix Nobel de chimie, 2017
Professeur de biochimie
L’appel aux scientifiques pour MAPS, le Sanctuaire de paix pour les milieux de l’Arctique
Cette lettre ouverte est un appel d’urgence à toute l’humanité. Il est temps de prendre conscience des conditions graves et complexes de l’Océan Arctique qui menacent le bien-être de la terre. En tant que geste de solidarité nous établissons le Sanctuaire de paix pour les milieux marins de l’Arctique (MAPS en anglais) pour le bien-être de tous et afin de protéger ce futur que nous partageons.
En tant que scientifiques, nous œuvrons pour découvrir la vérité du monde qui nous entoure. Lorsque celle-ci s’avère être un avertissement global, il est d’un impératif que nous devions en parler. Aujourd’hui nous devons tirer l’attention de l’humanité vers l’Océan Arctique et son état de crise, état qui concerne tout être vivant sur terre. Les dommages qu’a subi l’écosystème arctique et leur impact global subséquent sont réels et croissants. Nous pouvons en déduire l’ampleur en comptant le nombre de décès dû à la famine, les désastres naturels, les migrations de masse et la perte d’espèces.
L’accent doit être mis sur le fait que c’est notre survie collective qui est en jeu et que des mesures partielles ne suffiront pas à nous en sortir. Tandis que la pêche à subsistance ainsi que l’activité culturelle peuvent continuer, toutes exploitations commerciales de l’Océan Arctique doivent cesser – non seulement dans les eaux internationales (la haute mer), mais également dans les zones littorales appartenant au cercle arctique où la majorité des exploitations ont lieu.
Alors que la glace arctique disparaît et que les conséquences globales de cette disparition se multiplient, il nous reste une chance d’éviter une catastrophe. Cependant, un ralliement immédiat est requis sur une échelle de temps non pas en années, mais plutôt en semaines ou en mois. Ceci est faisable avec MAPS.
L’Océan Arctique constitue un soutien vital global et unique
L’Océan Arctique est un écosystème d’une importance singulière qui a un effet sur toutes choses vivant sur cette planète. Bien qu’elle ne compte pour 1% du volume total d’eau océanique, elle est la source qui alimente tous les courants d’eau chaude/froide, douce/salée qui relient les océans du monde. Elle gouverne également le courant-jet qui véhicule les manifestations atmosphériques traversant l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie, et qui sont essentielles à l’agriculture et à la disponibilité d’eau douce. Cependant, son influence climatique ne se limite pas à l’hémisphère boréal. Étant donné qu’elle a un impact sur tout le système océanique, système comptant pour 70.8% de la couche atmosphérique inférieure, elle influence les modèles climatiques partout dans le monde.
L’Océan Arctique a également une énorme influence planétaire par l’effet albédo : la capacité qu’a un objet à refléter les rais du soleil. Les glaces blanches des deux pôles, Nord et Sud, sont essentielles et maintiennent, par l’effet albédo, un climat frais puisque la plupart de la chaleur provenant du soleil est renvoyée dans l’espace. Cependant, les deux pôles diffèrent de manière importante. Le pôle austral est situé sur un continent montagneux qui est couvert d’une couche de glace mesurant des milliers de mètres. Ce terrain varié réduit l’effet albédo : sa surface accidentée fait fractionne l’exposition du sol à la lumière et ses angles variés empêchent la lumière d’être reflétée efficacement dans l’atmosphère.1 En revanche, le pôle Nord, situé au milieu de l’Océan Arctique, est couvert d’une couche de glace d’une épaisseur de seulement quelques mètres. Là où il y a de la glace et grâce à la surface plate de l’océan, l’effet albédo est plus important que sur les glaces terrestres de l’Antarctique. Cependant, la glace marine est beaucoup plus susceptible aux fontes et autres perturbations. La mer Arctique est essentielle afin d’éviter que la terre n’absorbe un excès de chaleur solaire.
L’Océan Arctique est en mutation
La couche protectrice de glace de l’Océan Arctique, mince mais cruciale, est en train de disparaître. Depuis que l’on a commencé à mesurer les niveaux de glace marine en 1979, 95% des masses de glace les plus anciennes et épaisses ont fondu. 2 Il y a maintenant 75% moins de glace durant les périodes d’été. 3 La région arctique connait le plus rapide réchauffement de toutes les régions du monde et perd à elle seule 14 000 tonnes de glace terrestre par seconde.4,5 Certaines régions de l’océan Arctique ont connu un réchauffement de 7°C de plus que la norme, 6 et dans moins d’une décennie, ces régions pourraient ne plus avoir de glace pendant l’été si les émissions de carbone demeurent élevées.7
Les dommages à l’Océan Arctique impactent des vies à l’heure actuelle
Lorsque la glace arctique fond, l’eau absorbe la chaleur du soleil. 8 Le réchauffement engendre le déplacement (ou l’immobilisation) des systèmes de courants océaniques,9,10 des cyclones tropicaux plus puissants, ainsi que la migration des formes de vie sous-marine vers les pôles à la recherche d’eau froide.11 Ces changements menacent déjà l’habitation et les ressources alimentaires de centaines de millions de personnes.12
L’effet albédo de l’Arctique a été compromis. Les eaux non couvertes de l’Arctique laissent échapper de l’humidité dans l’atmosphère. Ceci a comme résultat la distorsion du courant-jet13 avec la formation d’un « vortex polaire » d’air froid n’étant plus restreint à la région polaire. Certains pays situés sous le cercle polaire arctique connaissent des froids extrêmes, tandis que l’Arctique, lui, continue de se réchauffer. 14 La tendance des précipitations mondiales est devenue instable, 15 avec l’augmentation des fréquences de sécheresse et d’inondation. D’énormes essaims de locustes, alimentées par des pluies plus abondantes provenant de cyclones tropicaux, ont ravagé des récoltes partout en Afrique et en Asie du Sud. 16
L’océan plus chaud réchauffe l’air, faisant ainsi fondre la glace terrestre environnante – exposant des populations à une augmentation du niveau de la mer pouvant aller jusqu’à 7.2 m suite à l’effondrement potentiel de la masse de glace (l’inlandsis) du Groenland. 17 Dû à la perte de la couverture de glace et au réchauffement, le terrain arctique devient vulnérable face aux incendies. À cause des chaleurs et des sécheresses sans précédent au nord du cercle arctique, en 2021, des feux de forêt en Sibérie ont embrasé plus de 161 000 km carrés de forêt : une surface plus étendue que celle de tous les feux de forêt qui ont eu lieu cette même année en Grèce, Turquie, Italie, aux É.-U. et au Canada, et produisant un taux d’émissions de carbone équivalent à celui du domaine industriel de l’Allemagne.18
Parce que les eaux arctiques sont devenues de plus en plus accessibles suite à la fonte des glaces, l’exploitation a commencé. Le trafic marchand dans l’Arctique a augmenté de plus de 430% dans les trois dernières années, et ce en parlant d’un seul trajet.19 De nombreux pays continuent de délivrer des permis d’exploitation pétrolière dans les eaux de l’Arctique20,21, en dépit d’une étude en 2015 qui prévenait que tout pétrole et gaz arctique devraient demeurer dans le sol afin d’éviter un réchauffement au-delà de 2°C.22 La militarisation – une grande partie étant soit nucléaire ou alimentée d’armes nucléaires – s’intensifie à un degré jamais vu depuis la guerre froide.23 Ce qui était autrefois une frontière infranchissable est depuis devenue une attraction touristique, avec plus de 300 trajets de croisières au nord du cercle polaire arctique ayant eu lieu au printemps et à l’été 2021.24
Des navires marchands brisent la glace dans la mer arctique et l’empêchent de se reformer. Malheureusement, les dégâts n’arrêtent pas là. L’essence brûlée par les nombreux grands navires dans l’Arctique pollue l’atmosphère, noircit la glace de suie réduisant ainsi son albédo, et accélèrent la fonte.25,26 Les réacteurs nucléaires qui alimentent un nombre croissant de brise-glaces et de sous-marins arctiques ajoutent de la chaleur à l’eau et augmentent le risque d’un accident nucléaire. Toutes ces activités nuisent ou menacent les espèces marines en causant du bruit excessif, de la pollution, des collisions avec des navires ou la destruction d’habitats. Une étude récente de l’International Monetary Fund a mis l’accent sur l’importance critique qu’ont les baleines quant à la réduction des taux de carbone atmosphérique.27 Il mérite d’être dit que 17 espèces de cétacés, soit environ un cinquième des 93 espèces mondiales, vivent dans l’océan Arctique pendant au moins une période de l’année. 10 parmi les 17 sont actuellement considérées comme étant menacées d’extinction, et les autres comme étant « diminuées » ou « à risque ».
La terre dans la région de l’Arctique contient des éléments à risque que la température grimpante et l’exploitation croissante risquent de libérer. Par exemple, le pergélisol – une couche du sol qui normalement ne dégèle pas – a commencé à fondre, non seulement sur la terre mais aussi au niveau du fond marin. Enfermé à l’intérieur du pergélisol arctique se trouve du méthane qui est un gaz à effet de serre 80 fois plus puissant, à court terme, que le dioxyde de carbone.28 Ces dépôts sont souvent situés non loin de matières organiques contenant des pathogènes qui restent viables malgré des millénaires dans la glace. De plus, les essais d’armes nucléaires menés entre les années 1955 et 1990 ont laissé des quantités élevées de plutonium et de césium dans cette région.29 La pêche au chalut, l’exploitation de pétrole et le dépôt d’ordures ont le potentiel de libérer du méthane à une échelle catastrophique. Ceci créerait non seulement un réchauffement immédiat, mais pourrait potentiellement livrer des pathogènes ou des particules radioactives jusque dans l’atmosphère.
Le World Food Programme à révélé en 2021 que pas moins de 155 millions de personnes ont vécu « une insécurité alimentaire aigüe au degré d’une crise ou même de niveaux plus élevés – ou équivalents – dans 55 pays/territoires » au cours de 2020.30 Aujourd’hui, un enfant meurt de faim chaque dix secondes.31 Pendant que les récoltes sont influencées par l’intrusion des eaux marines, des inondations, des sécheresses ou des insectes/animaux nuisibles, la sécurité alimentaire mondiale est de plus en plus à risque.32 En même temps, la pénurie d’eau augmente. Le UN Water Summary Progress Update de 2021 indique que 2,3 milliards de personnes vivent actuellement dans des pays en déficit hydrique.33 Le UN World Water Development Report de 2018 avait prédit que 6 milliards de personnes connaîtraient une pénurie d’eau avant l’an 2050. Une étude publiée en 2019 par NPJ Clean Water nous a prévenu que ceci était probablement une sous-estimation.34
Face à des canicules, des inondations et de mauvaises récoltes, des millions de personnes ont déjà commencé à fuir leur pays. Un projet de recherche du New York Times nous avertit que 17% du monde – en parlant de régions où des populations vivent actuellement – pourrait se réchauffer au point d’être inhabitable d’ici l’an 2070.35
Au début de 2021, les scientifiques nous avaient prévenus que notre monde connaissait déjà un évènement d’extinction de masse sous-estimée et que, faute de changements, nous nous dirigeons vers un futur « effrayant ».36
Derrière tous ces chiffres se dissimule une misère indicible et croissante. Dans l’intérêt de notre humanité partagée, ceux parmi nous qui voyons le problème et connaissons les solutions nécessaires devons lever la voix.
Nous devons agir en respectant les limites de nos connaissances
Reconnaissant le besoin urgent d’avoir un océan Arctique en pleine santé pour notre survie collective, certains ont suggéré des techniques dangereuses et non-conventionnelles telles que d’empêcher que la lumière du soleil n’atteigne la terre afin de maintenir des températures basses, tenter de geler de nouveau la glace arctique en employant 10 millions de pompes éoliennes ou même d’ajouter du fer dans l’océan Arctique afin de nourrir le phytoplancton, question de rétablir ou de recréer la fonction de l’océan Arctique. Cependant, il est important de noter que plusieurs de ces suggestions ont été mises en avant non pas par des scientifiques de la terre, mais par des ingénieurs. Dans certains cas, ceux-ci ont même des compagnies pétrolières qui les appuient – celles-ci pouvant profiter de la continuation de l’exploitation de l’océan Arctique.37
De telles initiatives sont couteuses, dangereuses, sans précédent et peuvent avoir des conséquences imprévisibles. Détourner la lumière du soleil pourrait avoir des contrecoups dévastateurs pour la végétation, ou même pour la santé mentale humaine.38 Ajouter du sulfate à l’atmosphère pourrait avoir comme résultat l’augmentation de précipitations acides. Le scénario de « regeler la glace » à l’aide de pompes éoliennes pourrait en fait causer un réchauffement non voulu.39 Une hausse des quantités de fer dans l’océan Arctique pourrait engendrer une augmentation de dioxyde de carbone au lieu d’une réduction et violerait à la fois le Protocol londonien et la Convention sur la biodiversité.40
Il est important de noter que toute technique manipulant le climat pourrait avoir des impacts positifs dans certains secteurs, tout en produisant des effets néfastes chez d’autres. Ceci évoque la question troublante de savoir à qui revient la décision de sélectionner quels secteurs prospèreront et quels souffriront.41 Ceci éveille également la crainte qu’une telle technique pourrait être transformée en arme. Dernièrement, de telles mesures, une fois entamées, ne peuvent pas être arrêtées ou réparées de manière sécuritaire.
Le fait que l’on continue d’intervenir dans des choses que nous avons collectivement endommagées, sans avoir immédiatement cessé les actions nous menant à ce point, démontre l’incohérence de notre pensée collective ainsi qu’un manque de bonne foi. Nous, les scientifiques sonmmes dans l’obligation d’admettre les limites de nos connaissances, particulièrement lorsqu’il est question de potentielles conséquences découlant d’une intervention d’une telle envergure auprès de la nature. En essayant de sauver ou de contrôler l’océan Arctique en la manipulant, au lieu lui accorder le temps de se regénérer, nous courons le risque inacceptable de perpétuer l’état critique dans laquelle nous nous trouvons actuellement.
La protection des hautes mers de l’Arctique ne suffit pas
Les mesures de protection des hautes mers de l’Arctique sont insuffisantes, car la majorité de l’exploitation mettant actuellement l’océan Arctique – ainsi que le monde – à risque se produit près des côtes, bien loin des limites des hautes mers. Limiter la protection de l’océan Arctique à la haute mer permet la continuation d’activités exploitantes, au prix de milliards de vies. La Convention des nations unies sur la Loi de la mer, à cette heure-ci, l’autorise. Ceci doit changer si nous désirons éviter une catastrophe globale.
Des mesures de protections de l’océan Arctique entier sont requises à l’instant même
Toutes les mesures visant à garder la planète au frais, et à prévenir la perte d’espèces, telles que le reboisement, la préservation du récif coralien ou la capture et le stockage de carbone, dépendent de la stabilité climatique que procure un océan Arctique sain. Par exemple, une forêt ne peut pas être florissante parmi des sécheresses et des incendies répétés. Des méthodes de capture du carbone risquent d’être mises de côté si une grave explosion de méthane arctique ébranlait l’économie mondiale.42 Alors que le Traité de l’Antarctique protège le pôle Sud depuis 1959, aucune protection de ce type n’existe quant au Nord, région bien plus vulnérable.
Chaque été lorsque la glace recule, l’exploitation dans l’océan Arctique s’intensifie et se normalise dans la perception du public. Des organisations internationales marines et arctiques jouant un rôle clef tiennent déjà pour acquis que l’exploitation continuera, et elles cherchent à réglementer celle-ci plutôt que de l’arrêter.43,44 Notre monde ne peut plus se permettre d’exploiter les étés arctiques.
MAPS, le Sanctuaire de paix pour les milieux marins de l’Arctique, est aujourd’hui la seule initiative proposée qui protègera adéquatement l’océan Arctique et, par extension, toute vie. Tout en permettant la pêche de subsistance et les activité culturelles dont dépendent les communautés côtières, MAPS propose de mettre fin à toute exploitation commerciale et à toute militarisation des eaux marines au nord du cercle polaire arctique.
Puisque l’océan Arctique est essentiel à toute vie sur terre, MAPS est nécessairement une initiative globale. Ne s’intéressant qu’à la mer, elle n’a aucun impact sur les droits territoriaux ni à leurs intérêts. Elle est en accord avec la Déclaration des Nations unies sur les Droits des personnes aborigènes.
En éliminant la possibilité d’exploiter le pétrole et le gaz des fonds marins arctiques, MAPS empêcherait environ 148 billions de kg de dioxyde de carbone de pénétrer l’atmosphère, et dynamiserait notre abandon des énergies fossiles.45 MAPS soutient tous les objectifs de développement durable préconisés par les Nations Unies. Totalisant 8 millions de km carrés, c’est la plus grande zone marine de l’histoire à être protégée. À elle seule, elle protège 2,2 % des océans mondiaux, lors d’une époque où les scientifiques nous avertissent que nous devons rapidement protéger la moitié de la planète.46 De ce fait, MAPS n’est pas un but ambitieux, mais une nécessité de base.
C’est pourquoi nous, les scientifiques soussignés, demandons unanimement et sans équivoque la réalisation immédiate de MAPS en tant que mesure de protection urgente et nécessaire pour protéger le destin collectif des habitants de notre monde.
Les lauréats du prix Nobel soutiennent MAPS
Carol Greider
Nobel Laureate in Physiology or Medicine, 2009
John Mather
Nobel Laureate in Physics, 2006
Dr. Roger D. Kornberg
Nobel Laureate in Chemistry, 2006
Dr. Jacques Dubochet
Nobel Laureate in Chemistry, 2017
Dr. Takaaki Kajita
Nobel Laureate in Physics, 2015
Sir Roger Penrose
Nobel Laureate in Physics, 2020
Sir Richard Roberts
Nobel Laureate in Physiology or Medicine, 1993
Robert Aumann
Nobel Laureate in Economics, 2005
Dr. Louis Ignarro
Nobel Laureate in Physiology or Medicine, 1998
Dr. Joachim Frank
Nobel Laureate in Nobel Laureate in Chemistry, 2017
Aaron Ciechanover, MD, DSc
Nobel Laureate in Chemistry, 2004
Barry C. Barish
Nobel Laureate in Physics, 2017
Anthony James Leggett
Nobel Laureate in Physics, 2002
Sheldon Glashow
Nobel Laureate in Physics, 1979
Jean-Pierre Sauvage
Nobel Laureate in Chemistry, 2016
Brian Josephson
Nobel Laureate in Physics, 1973
Tom R. Cech
Nobel Laureate in Chemistry, 1989
Sir Peter J. Ratcliffe
Nobel Laureate in Physiology or Medicine, 2019
Robert Wilson
Nobel Laureate in Physics, 1978
Brian K. Kobilka
Nobel Laureate in Chemistry, 2012
Michel Mayor
Nobel Laureate in Physics, 2019
William D. Phillips
Nobel Laureate in Physics, 1997
Kurt Wurthrich
Nobel Laureate in Chemistry, 2002
Elizabeth Blackburn
Nobel Laureate in Physiology or Medicine, 2009
Jerome Friedman
Nobel Laureate in Physics, 1990
Dudley Herschbach
Nobel Laureate in Chemistry, 1986
Dan Schechtman
Nobel Laureate in Chemistry, 2011
Richard Shrock
Nobel Laureate in Chemistry, 2005
George P. Smith
Nobel Laureate in Chemistry, 2018
Kip S. Thorne
Nobel Laureate in
Physics, 2017
Peter Agre
Nobel Laureate in Chemistry, 2003
Sir Fraser Stoddart
Nobel Laureate in Chemistry, 2016
- https://atmos.uw.edu/~david/Hahn_etal_2020.pdf
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- https://phys.org/news/2021-04-climate-marine-species-poleward.html
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- https://www.nature.com/articles/s41545-019-0039-9
- https://www.nytimes.com/interactive/2020/07/23/magazine/climate-migration.html
- https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fcosc.2020.615419/full
- https://www.boell.de/en/2017/12/01/big-bad-fix-case-against-geoengineering
- https://thebulletin.org/2008/05/20-reasons-why-geoengineering-may-be-a-bad-idea/
- https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2019EF001230
- FundacionTerram and Millennium Institute for Oceanography, Marine Geoengineering: A Great Risk for Chile, 2020, pp 4.
- https://www-cdn.law.stanford.edu/wp-content/uploads/2018/05/bunzl.pdf
- https://www.cam.ac.uk/research/news/cost-of-arctic-methane-release-could-be-size-of-global-economy-warn-experts
- https://imoarcticsummit.org/press/mepc-76-international-shipping-body-drops-the-ball-on-arctic-climate-crisis/
- https://arctic-council.org/news/navigating-the-future-of-arctic-shipping/
- The United States Geological Survey (USGS) estimates the energy equivalent of 346 billion barrels of oil buried offshore and above the Arctic Circle. The United States Environmental Protection Agency tells us that if one barrel of oil is burned, 430 kgs of CO2 is released. Therefore, MAPS prevents up to (346 billion)*(430) = 148 trillion kgs of CO2 from being released. (USGS, EPA)
- https://www.academia.edu/54028869/Nature_needs_half_a_necessary_and_hopeful_new_agenda_for_protected_areas


















